homosexualité gay

Le coming-out est une étape extrêmement importante pour s’affirmer dans sa sexualité. C’est également un moment plein de stress et de doutes pour ceux qui le vivent. Il est donc important d’être guidé grâce aux conseils de spécialistes et aux témoignages de ceux qui ont vécu ce coming-out.

Faire son coming-out est un moment redouté dans la vie des adolescents homosexuels, bisexuels ou autres, celui où ils vont totalement s’assumer. Le coming-out, ou le fait de « sortir du placard », consiste en une révélation à son entourage de son orientation sexuelle. Cet acte peut être réalisé auprès de sa famille, de ses amis, ou encore au sein de la communauté LGBT. Mais il n’est pas obligatoire. Rien ne force une personne à révéler ses préférences sexuelles ou à s’attribuer une étiquette. Mais ceux qui font ce choix peuvent être confrontés à de nombreuses peurs et doutes.

Pour Dina Faustino, sexothérapeute, la principale peur des jeunes faisant leur coming-out est le rejet. « Ils ont peur que l’annonce les éloigne de leurs parents », explique-t-elle. Cette peur pousse souvent de jeunes homosexuels à retarder cette révélation. « Ils ont du mal à avouer leurs préférences à quinze ans. Ils le font quand ils ont une autonomie financière, un salaire ou une autonomie affective, comme une relation. D’après l’entourage que j’ai suivi, le coming-out se fait aux alentours de 25 ans. »

Un traumatisme pour les parents

Si cette annonce est difficile pour la personne concernée, elle ne l’est pas moins pour l’entourage, et notamment pour les parents. « Les parents ont une image toute construite de leur enfant », continue Dina Faustino. « Un coming-out détruit l’image que le parent a de son enfant et cela peut entraîner un rejet. Un jeune doit être préparé mentalement car ça peut être un réel traumatisme pour ses parents. On n’est jamais préparé à un tel bouleversement. »

Le sujet du coming-out est tellement important dans une vie que FranceTv en a fait une mini-série sur YouTube :

Et pour se préparer, la sexothérapeute conseille tout d’abord d’être bien entouré, d’avoir des amis proches, des frères et sœurs à qui se confier en tout premier lieu, qui pourront être présents lors de l’annonce. Elle déconseille les face-à-face, seul avec les parents et surtout « jamais de SMS ! ». Il ne faut pas non plus que la révélation se fasse trop brutalement. « Il faut préparer les parents petit à petit en parlant d’homosexualité à la maison, sans se nommer. »

Le coming-out, ils l’ont vécu

Dans certains cas, la révélation de son orientation sexuelle est totalement anodine. Après s’être rendue compte de son attirance envers les filles, Laurène Hurlimann, étudiante à Lausanne, a décidé de l’annoncer à son entourage. « Personne n’était étonné ou choqué. Ça m’a presque vexée », plaisante-t-elle. « Mes amis étaient très ouverts et d’un grand soutien. Ma mère s’en fichait totalement. »

« L’essentiel pour moi, c’est qu’elle soit heureuse »

Magalie, mère de la jeune Margot

Margot, étudiante à Paris, partage une histoire extrêmement similaire. « J’avais besoin de me soulager et de me libérer. Je l’ai dit à ma mère, dans la voiture, alors que nous allions à la poste. » Après sa révélation, la réponse de Magalie, sa maman, fût : « Je le savais. » Son père a également réagi d’une excellente manière en ironisant : « Comme ça on sera deux à aimer les filles. » Pour Magalie, l’orientation sexuelle de sa fille n’a jamais posé problème. « Elle m’annonçait cela comme si ça pouvait me déranger. Alors que pour moi, ça n’a jamais posé problème. L’essentiel pour moi, c’est qu’elle soit heureuse, peu importe son orientation sexuelle ou ses choix. »

Et parfois, un coming-out n’a pas besoin de passer par les mots. Marco et Baptiste, en couple depuis plus de trois ans, n’ont jamais tenu à parler de leur orientation sexuelle à leurs parents. « J’ai essayé de leur faire comprendre par des gestes », explique Marco. « Je portais les vêtements de mon petit-ami, j’allais souvent dormir chez lui. Au final, ils s’en sont doutés et sont venus m’en parler. Je ne voulais pas faire de grande annonce, de révélation. » Même constat pour son compagnon, Baptiste : « Nous étions ensemble depuis deux ans et nous passions tout notre temps ensemble. Mes parents ont nourri des doutes, m’ont demandé si nous étions en couple. »

Vivre le rejet

Malheureusement, tous les coming-out ne se déroulent pas de la meilleure façon. Pour Julien Bron, étudiant à Lyon, l’annonce de son homosexualité a été un véritable cauchemar. Tout d’abord avec l’annonce à son frère. « Je l’ai d’abord dit à l’un de mes frères », raconte-t-il. « Il ne l’a pas bien vécu parce que je lui avais menti auparavant en inventant des relations avec des filles. Il m’en voulait également du fait que je lui en parle en premier parce qu’il ne pouvait pas en parler aux autres et ne pouvait se confier à personne. Je n’avais pas pris en compte cela. »

Mais le plus grand rejet qu’a vécu Julien, c’est celui de ses parents. « Ils étaient sous le choc. Ma mère était dans tous ses états. Elle voulait partager sa peine et tout extérioriser. Elle m’a dit que l’homosexualité était contre-nature, que je ne respectais pas la religion. Ils me répétaient que je ne pourrais pas avoir d’enfants et m’accomplir dans ma vie personnelle. »

Bien qu’il ait vécu le rejet de la part de sa famille, Julien confie, au lendemain de son coming-out, « avoir ressenti une libération. J’ai pu m’épanouir. Par rapport à certaines valeurs, idées que j’ai, j’ai pu m’affirmer et montrer qui j’étais vraiment, au-delà de ma sexualité. »

Après la révélation, la libération

Lorsqu’un jeune est victime de rejet, la sexothérapeute Dina Faustino préconise un suivi psychologique et des thérapies familiales. « Ils en ont besoin pour sortir les bons mots et extérioriser leur peine. Le jeune doit comprendre qu’il doive vivre sa vie et prendre de la distance avec ces personnes qui le rejettent. Un jour, ils l’accepteront. »

Aussi douloureuse et traumatisante que peut être l’expérience du coming-out, elle permet avant tout de se libérer et de s’assumer pleinement. D’après Dina Faustino, l’affirmation de son identité sexuelle « entraîne un changement d’attitude. Après un coming-out, la personne n’a plus besoin de se cacher. Il va écarter pleins de choses, de malentendus. Il pourra s’affirmer en public, tenir la main de sa compagne ou de son compagnon ».

Le Refuge à la rescousse

Mais parfois, l’annonce est tellement choquante qu’elle peut entraîner des conséquences dramatiques. En France, l’association Le Refuge a déjà accompagné 7 500 jeunes, âgés de 18 à 25 ans, abandonnés par leurs parents à cause de leur homosexualité. Si vous rencontrez des problèmes, l’association possède une ligne ouverte 24h/24 : 06 31 59 69 50.

Octavien THIEBAUD