Le développement des réseaux sociaux a vu émerger le concept des nudes. S’envoyer des photos dénudées sort de la sphère de l’intime. Face au succès de cette pratique, certains décident d’en faire un véritable business.

Dans l’univers des nudes, tout le monde y trouve son compte. À la tombée de la nuit, ces clichés aussi bien intimes et érotiques trouvent de nombreux preneurs. L’application phare reste Snapchat, très utile et surtout très pratique pour envoyer ce genre de photographies. Si beaucoup de jeunes (ou pas) le font par plaisir, certains le font dans un seul et unique but : gagner de l’argent. « Je dois reconnaître que ce n’est pas la plus noble des manières de gagner des sous », explique Coraline en plaisantant. Âgée de 23 ans, la jeune femme blonde et de grande taille est encore étudiante à Lyon. C’est une amie qui lui a fait découvrir ce monde qu’elle ne connaissait pas. « À ce moment-là, je n’avais pas beaucoup d’argent et j’avais aucune envie de faire caissière à Auchan ou Carrefour comme toutes mes copines. Après avoir réfléchi quelques jours, je me suis dit pourquoi ne pas essayer ? Puis c’est pas le boulot le plus physique ni le plus désagréable. » De nature plutôt extravertie, la jeune femme avait déjà envoyé des clichés coquins dans sa vie intime.

« Ça peut très vite mal tourner quand on n’est pas prudent. »

Coraline

C’est en 2017 qu’elle « créé son business » sur l’application Snapchat en échangeant des photos avec ses camarades de promotion, à la faculté. Mais le manque d’organisation et la volonté d’étendre toujours plus son réseau a failli faire couper court à cette expérience. « Ça peut très vite mal tourner quand on n’est pas prudent. Au début, c’était du grand n’importe quoi car j’avais donné mon compte à beaucoup de gens, majoritairement des inconnus. Des fous m’ont écrit à plusieurs reprises, littéralement ! » Pour y remédier, la seule solution qui s’offrait à Coraline était de suspendre son compte pour en créer un nouveau. Seuls les connaissances et les gens de confiance ont désormais accès à ses photos. « Sur les 250-300€ que je gagnais auparavant en un mois, j’en gagne environ 110 à 130 de moins. C’est conséquent mais je pense que j’ai bien fait. Cette activité me plaît et je ne voulais pas l’arrêter. » Photographies uniques, forfaits spéciaux, vidéos… Le choix des possibles est très large dans ce genre d’activité. Ce qu’elle préfère, ce sont les photos de ses seins mais aussi les shows « cam to cam » avec des clients qu’elle connaît bien. Le temps consacré à cette activité peut varier mais comme Coraline le rappelle, « la semaine, on bosse donc pas de nudes. Les études la semaine et le business le week-end ». Du vendredi soir au dimanche soir, c’est le coup de feu et les demandes sont très nombreuses : « L’activité peut durer jusque tard car je peux faire des shows d’une heure ou plus. On peut penser que c’est fatiguant mais ce sont toujours des moments que j’apprécie. »

Mais aussi pour des œuvres de charité

Récemment, les nudes ont fait parler d’eux dans l’actualité. Alors que l’Australie est en train de périr sous les flammes, Kaylen Ward, une célèbre actrice du X a mis en place une idée originale : récolter des dons pour le pays en échange d’une photo d’elle dénudée et personnalisée.

Partout dans le monde, des personnes se sont prêtées à ce jeu, comme Jérôme, un jeune lyonnais de 20 ans. « J’ai découvert l’initiative dans la presse. L’idée est à la fois marrante et belle car c’est pour une cause noble. Il y a urgence pour l’Australie. » Il le reconnaît, sa contribution est modeste pour ne pas dire minuscule. Mais comme il aime le rappeler, il croit dur comme fer en la légende du colibri. « Si des centaines de milliers d’anonymes comme moi répètent le même geste, alors peut-être changerons nous la donne », espère le jeune lyonnais.

« Je m’engage à payer et je le fais dans un but précis : aider l’Australie. »

Jérôme

Et on peut dire que l’entreprise prend forme car l’actrice aux 400 000 abonnés Twitter a déjà récolté plus de 700 000$ US. Riley Reid, une autre actrice du X, a aussi lancé une collecte contre des nudes. Une démarche qui pose une question : pourquoi payer pour ces clichés alors que les sites pornographiques donnent accès au corps de ces deux femmes gratuitement ? « Aujourd’hui on en profite allègrement de cette gratuité. Je pense que c’est une chance d’avoir une telle variété de contenus sans jamais payer le moindre centime. Pour une fois, je suis prêt à payer dans un but précis : aider l’Australie », explique le jeune homme. Si l’entreprise est actuellement un succès et montre plus que jamais que le business des nudes peut être lucratif, reste à savoir sous quelles formes seront investis les millions de dollars collectés par ces actrices. Toujours est-il qu’Instagram n’a pas accepté de voir circuler ces photos sur son réseau et a suspendu le compte de Keylen Ward.

Max DESGOUTTE

3 Replies to “Les nudes : à envoyer pour le plaisir… et pour s’enrichir”

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