préservatifs pour protéger des IST

Autrefois banalisées, les infections sexuellement transmissibles (IST) sont petit à petit devenues taboues. Malgré une campagne de prévention très forte, les jeunes sont encore très souvent touchés. Un moment qui n’est pas toujours facile à vivre pour ceux qui les contractent.

« Il est difficile de répondre à la question du nombre d’infections sexuelles transmissibles […] mais il y a une trentaine d’infections sexuellement transmissibles (IST) principales », expliquait le professeur Gilles Pialoux sur le plateau d’Allodocteur, sur France 5. « Je considère que c’est la malchance au plus au point car j’ai eu la chlamydia. Sauf que je ne l’ai pas eu via un rapport vaginal comme c’est bien souvent le cas mais par un rapport buccal », explique Yohan. Ce jeune ado de 20 ans a contracté l’infection en avril 2018, alors qu’il était en vacances. Pendant plusieurs jours, son sexe le brûlait quand il allait uriner, mais rien de plus : « La première fois que j’ai senti quelque chose d’insupportable, c’était un lendemain de soirée. J’avais pris une caisse au bar pour l’anniversaire d’un pote. Et le lendemain, j’avais le sexe qui me brûlait et qui me lançait, mais à l’intérieur de l’urètre », détaille Yohan. Rapport protégé, relation de confiance… À l’époque, il n’imaginait pas que cela pouvait être une IST : « J’ai longtemps cru à une infection urinaire. D’ailleurs, quand j’ai pris mes premiers rendez-vous chez le médecin et au labo, je disais bien que c’était pour une infection urinaire. Après tout, ça paraissait logique. » Une logique très vite mise à mal par le laboratoire. Les résultats sont formels : c’est une infection sexuellement transmissible.

Des infections qui peuvent être traitées

Aujourd’hui, la médecine a progressé et de nombreux traitements existent pour ces infections sexuellement transmissibles. Victoria, qui a eu un rapport non-protégé, a contracté une IST il y a un an : « Au tout départ, quand je n’avais pas la confirmation officielle que j’en avais contracté une, j’ai essayé de me soigner toute seule. J’ai suivi des astuces sur Internet en achetant du gel douche Intima, des savons neutres. Je buvais du thé aussi, mais forcément rien n’a marché car ça avait atteint l’intérieur du vagin. » Au départ une simple mycose, l’infection a empiré et il s’avère que la jeune femme avait la chlamydia. Les brûlures à l’intérieur des parties génitales étaient puissantes et douloureuses. « Pour éliminer l’infection, le médecin m’a prescrit des médicaments car je commençais à avoir de la fièvre et des chaleurs. Honnêtement, j’ai vraiment cru que j’avais le Sida« , explique la jeune femme. Après une semaine de traitement à base de cachets, de crème et d’un ovule pour mycose vaginale, l’IST a été soignée.

« Tant que t’as pas le résultat, tu t’imagines tout et n’importe quoi »

Le traitement n’est pas la seule étape à passer. Si l’IST peut être douloureuse, le vécu pendant et après l’infection peut aussi être un mauvais moment ou à l’inverse être un moment de soulagement comme pour Thomas, 21 ans : « Quand j’ai su que c’était une mycose du gland, ça m’a vraiment rassuré. Pourquoi ? Parce-que le médecin m’a dit que ce n’était pas grave. Tant que t’as pas le résultat, autant te dire que tu t’imagines tout et n’importe quoi dans ta tête. » De plus, la mycose n’est pas considérée comme une IST (ce qui n’enlève en rien la douleur et la pénibilité qu’elle peut engendrer). Le traitement médical est simple et efficace. La petite amie de Thomas l’a bien pris et s’est immédiatement renseignée pour savoir si elle était à l’origine de tout ça pour suivre un traitement et enrayer l’infection.

« Puis quand on est jeune et qu’on est en couple, on couche régulièrement ensemble. C’est con mais quand on ne peut plus pendant plusieurs semaines, c’est vraiment frustrant », explique-t-il en souriant. Un témoignage rassurant, même si la situation n’est pas toujours aussi facile. Parfois, les couples qui contractent une infection sexuellement transmissible expriment un certain dégoût du sexe d’un côté comme de l’autre. Au fond, le vécu d’une IST avec toutes les différentes étapes est très personnel. Pour certaines personnes c’est une épreuve à endurer qui peut être douloureuse. Pour d’autres, les IST sont vécues comme des maladies virales et ne modifient aucunement le cours de la vie. Mais il est sûr qu’être épaulé ou soudé durant ces moments-là représente une aide non négligeable.

Max DESGOUTTE

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