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Le sexe, ce n’est pas qu’une partie de plaisir. Mis à part les infections sexuellement transmissibles (IST) il existe d’autres types de maladies. Connaissez-vous la nymphomanie ? Il s’agit d’une addiction au sexe. Nous avons rencontré Marion, une jeune nymphomane lyonnaise de 24 ans pour nous en parler.

Quel type de nymphomane êtes-vous ?

Marion : « Comme vous l’insinuez dans votre question, il existe plusieurs types de nymphomanes. Je suis dans la catégorie des nymphomanes qui cherchent du plaisir à travers de très nombreux rapports sans pour autant le trouver. Je cherche des hommes assez séduisants parce que je suis convaincue que si je couche avec des hommes attirants, je peux plus facilement jouir. Malheureusement, mes rapports restent très classiques et je ne suis ni satisfaite, ni rassasiée. »

Depuis quand avez-vous compris que vous étiez nymphomane ?

« J’ai compris que j’étais nymphomane depuis trois ans, en 2016 plus précisément. Attention, je tiens à préciser que je ne suis pas accroc au sexe par plaisir, la nymphomanie est une vraie maladie. J’ai été en couple pendant deux ans et pendant cette période je voulais tout le temps coucher avec mon copain, parfois plusieurs fois par jour. J’ai compris que je souffrais peut-être de cette maladie quand j’en discutais avec mes amies et quand mon copain ne pouvait et ne voulait plus suivre le rythme. Je suis allée voir mon médecin traitant et j’ai passé un petit test sur la souffrance liée à ma sexualité. Le diagnostic a été sans appel : je « souffre » de nymphomanie. »

Cette maladie est-elle difficile à supporter ? Si oui, pourquoi ?

« Ça pourrait être pire, mais ce n’est pas tous les jours facile. Depuis que j’ai été diagnostiquée comme nymphomane, mon copain a décidé de me quitter. Il avait un peu honte d’avoir une copine nymphomane. Ça a été un moment très compliqué à supporter. Mais c’est sûrement au niveau professionnel que c’est le plus difficile. Comme je l’ai dit un peu plus haut, je suis une nymphomane qui a besoin d’assouvir mes envies le plus souvent possible. Vous imaginez donc bien que mes journées ne sont pas faciles. Je veux absolument garder mon emploi donc je fais vraiment attention. Mais c’est vraiment compliqué de ne pas chercher et titiller mes collègues. »

Il semblerait que les nymphomanes soient très discrets au sujet de cette maladie. Est-ce votre cas ?

« Au début, je pensais en parler à mon entourage ainsi qu’à ma famille. Cependant, la réaction de mon copain a été très difficile alors j’ai préféré tout garder pour moi. Les personnes qui sont au courant de ma maladie se comptent sur les doigts d’une main. J’entends souvent des ados et des jeunes adultes qui aimeraient coucher avec des nymphomanes mais ils ne connaissent rien à la maladie. Ils pensent qu’on est seulement des personnes qui adorent le sexe. J’aimerais énormément pouvoir en parler dans les lycées ou faire de la prévention, mais le regard de la société est aujourd’hui trop dur. Je préfère pour l’instant n’en parler à personne. »

Existe-t-il des traitements ? Avez-vous déjà essayé de vous soigner ?

« Oui oui, il existe des traitements de plusieurs types :

  • La psychothérapie et/ou sexothérapie : il paraît que ça peut être d’une aide précieuse dans le traitement d’une dysfonction sexuelle.
  • Les groupes de soutien : je pense que ça peut être très efficace. Selon mon médecin traitant, les groupes pour parler de cette addiction sont de plus en plus nombreux.
  • La pratique de la pleine conscience : ça peut également aider les patients à diminuer leur honte, leur culpabilité et le stress qui est engendré par leurs comportements.
  • L’appui thérapeutique médicamenteux.

Je me suis beaucoup documentée sur tous ces traitements de la nymphomanie mais non, je n’ai jamais essayé de me soigner. La psychothérapie et les groupes de soutien pourraient sûrement m’aider. Malheureusement, ce sont des réunions où il y a une dizaine de personnes dans la même situation que moi et je ne suis pas capable d’en parler à d’autres personnes. »

La nymphomanie

Petit quizz sur l'interview que vous venez de lire

Jean- Étienne CELLE

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