Salle de classe

Mickaël Anin est en seconde année de MEEF (Métiers de l’Enseignement, de l’Education, et de la Formation) à l’université Lyon 3. En septembre prochain, il sera officiellement professeur d’Histoire-Géographie…

« Au lycée, tous les profs sont susceptibles d’enseigner la sexualité » confie Mickaël, « Micka » pour les intimes. Ce jeune homme de 25 ans est en master 2 d’Histoire-Géographie. Il détruit le cliché hollywoodien du « Prof d’éduc’ sexuelle », si chère aux films et séries venues d’outre-Atlantique. Si, au collège, c’est généralement le professeur de SVT (Science et Vie de la Terre) qui s’en charge, la situation est toute autre au lycée. « Nous avons, pendant les deux années du Master, un cours réservé à ce cas de figure. Les Questions Professionnelles tournent quasi-exclusivement autour des questions de sexualités adolescentes ».

À partir de la classe de seconde, des heures sont dévolues au sexe et aux dangers d’Internet. Les professeurs se les répartissent volontairement : « Contrairement aux élèves, qui sont obligés d’assister à ces cours, les profs ont le choix de les laisser à leurs collègues, si d’aventure ils ne veulent pas en parler ».

Nous sommes des co-éducateurs, nous participons à l’éducation des ados, mais ce n’est pas à nous d’aborder tous les sujets !

Mickaël considère néanmoins que c’est, principalement, aux parents d’éduquer leurs enfants sur la question : « Nous sommes des co-éducateurs. Nous participons à l’éducation des ados, mais ce n’est pas à nous d’aborder tous les sujets ». Même s’ils n’ont pas forcément « Toute la documentation nécessaire sur la psychologie des adolescents ». Toutefois, il y a bien un sujet où le jeune homme pense qu’il faudrait une prévention plus appuyée à l’école : la pornographie.

La pornographie est clairement une drogue

« Je pense qu’il y a un manque de prise de conscience chez les parents ». Le futur enseignant relate les problèmes rencontrés en milieu scolaire : « Des gamins de quatorze ans accros au porno. Ils calquent leurs relations avec les filles là-dessus, qui pensent que c’est la réalité des rapports sexuels. Ces mêmes filles qui vont, parfois, s’afficher nues sur les réseaux sociaux, par pression sociale (copains / copines, conformisme…). Elle ne comprennent pas la portée de l’acte, ignorent que les photos peuvent tourner et ne jamais être effacées ».

Les directives de l’Éducation Nationale sont claires, si la conjoncture dégénère, ou peut dégénérer (harcèlement sexuel, attouchements…) nous devons en référer immédiatement à nos supérieurs !

Il trouve, par ailleurs, les formations pour le corps professoral parfois insuffisantes : « La dernière a duré deux heures, c’était entièrement théorique, pas vraiment concret ou instructif ».

Il avoue qu’aborder la vie sexuelle avec ses futurs élèves pourrait le mettre mal à l’aise, du fait de sa position d’autorité. Il est cependant catégorique pour les situations graves : « Nous sommes censés les aider, les accompagner, s’ils nous font part d’une mauvaise passe, nous devons le faire ! Les directives de l’Éducation Nationale sont claires, si la conjoncture dégénère, ou peut dégénérer (harcèlement sexuel, attouchements…) nous devons en référer immédiatement à nos supérieurs ».

Le sexe et les conduites à risques doivent être abordés en milieu scolaire

Dès le collège, selon Mickaël : « Déjà, il y a dix ans, on y avait accès. Mais aujourd’hui, ça dépasse l’imagination, les proportions sont énormes ! Avec les portables connectés et Internet partout, des gosses de 6ème y sont exposés. Je répète ce que j’ai dit plus haut, les parents n’en ont aucune conscience. Pour le coup, l’école doit participer à la prévention ». Pour ce faire, l’Éducation Nationale met en place des partenariats dans les collèges et lycées publics, dans le privé sous contrat parfois, avec des centres spécialisés. Ils envoient des sexologues dans les établissements et proposent un accueil, et une oreille attentive pour les adolescents. Il faut dire que dans une société où le sexe est omniprésent, nos chères têtes blondes en ont bien besoin !

Jean-Baptiste RAMAT

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