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Le sport et la prostitution ne sont à l’évidence pas liés. Mais il existe de nombreuses connexions entre les deux secteurs. Entre scandales, moyens de pression et recrutements de masse, la prostitution s’avère associée au sport.

Outre les affaires de viol qui peuvent concerner les sportifs, certains athlètes ont été touchés par des scandales en lien avec des prostituées. C’est le cas de Karim Benzema et Franck Ribéry, footballeurs français, avec le scandale Zahia.

L’affaire Benzema / Ribéry

Karim Benzema et Franck Ribéry, deux attaquants stars de l’Équipe de France de football, ont été jugés en 2014 après un scandale : ils auraient eu recours à une prostituée mineure, Zahia Dehar. Les deux joueurs sont poursuivis pour « recours à la prostitution d’une mineure » mais seront finalement relaxés.

Benzema n’a rencontré qu’une seule fois la jeune femme, en 2008 alors qu’elle n’avait que seize ans. L’attaquant du Real Madrid lui aurait versé 500€ après un rendez-vous dans un hôtel parisien, mais il nie catégoriquement avoir eu de relation avec la jeune femme. Pour l’ailier du Bayern Munich, les faits datent de 2009. Ribéry rencontre alors Zahia deux fois dans l’année, une en Allemagne et une seconde à Rueil-Malmaison, en région parisienne. Il aurait payé 700€ pour leur premier rendez-vous mais ne l’aurait pas payée pour le second, lui donnant « simplement » 200€ pour prendre un taxi. 

Au-delà de nos frontières, d’autres scandales ont aussi eu une médiatisation. En 2018, quatre basketteurs japonais sont expulsés des Jeux Asiatiques pour s’être baladés dans un quartier chaud de Jakarta, en Indonésie, alors qu’il n’y avait qu’un simple soupçon de prostitution. Encore en 2018, à l’approche de la Coupe du monde de football, la majorité de l’équipe du Mexique aurait pratiqué une « orgie sexuelle », invitant une trentaine de prostitués et d’escorts à cette grande fête. Pareil, scandale. Mais alors pourquoi ? Et bien parce que ces sportifs sont amenés à représenter leur pays à l’étranger. Un écart de ce genre discrédite le pays.

Et c’est loin d’être la seule polémique reliant prostitution et sport. La prostitution fait scandale auprès des joueurs et des athlètes mais est aussi utilisée dans le business du sport, un peu comme moyen de pression.

Des prostituées contre un transfert

Le scandale Football Leaks, révélé par Mediapart, a dénoncé des méthodes commerciales douteuses de la part de Doyen Sports, un fonds d’investissement privé. Le contrat proposé par la société est simple : des prostituées contre un transfert. L’histoire date de 2016. Doyen Sports propose alors à Florentino Perez, le président du Real Madrid, des prostituées pour amadouer le dirigeant madrilène et négocier l’achat d’un joueur (en l’occurrence Geoffrey Kondogbia).

Perez affirme ensuite ne pas être allé à cette fête avec des prostituées, organisée à Miami cet été là. Cette histoire, même si elle n’a pas abouti, montre malgré tout que le rapprochement entre l’industrie du sport et celle du sexe est bien réel. Parfois jusqu’à l’extrême.

Un recrutement accru de prostituée pendant les événements sportifs

Les événements sportifs, types Jeux Olympiques ou Coupes du Monde, attirent du public…Mais aussi des prostituées. Des relations entre trafics sexuels et gros rendez-vous sportifs peuvent même être établies.

« Le constat de base c’est que généralement lors de ces grands événements sportifs, l’afflux de foule amène une plus grande consommation d’actes sexuels », explique Justine Rocherieux du mouvement du Nid qui apporte son soutien aux prostituées. 

C’est en 2004, lors des Jeux Olympiques d’Athènes que la connexion se serait faite pour la première fois. Le Future Group, un regroupement contre tout type de travail du sexe a rapporté une augmentation de 95 % de trafic sexuel à Athènes en 2004.

Autre constat, celui que 40 000 femmes ont été trafiquées sexuellement pendant la Coupe du Monde de football en Allemagne en 2006. Tous ces chiffres sont assez difficiles à confirmer et cette économie est contestée. Notamment par Maîtresse Gilda, co-fondatrice du Syndicat du Travail du Sexe (Strass) : « Depuis des années, on vous raconte que X milliers de prostituées seraient mises à disposition, transportées ou enlevées de force pour servir des supporters gorgés de testostérone et de sexe. Tout ça n’a jamais existé ! »

Vous l’aurez compris, le business du sexe et celui du sport sont reliés mais font tout pour le cacher. La connexion n’est pas évidente. Cependant, il existe quand même quelques données permettant de l’affirmer, comme celles montrées par les chiffres ci-dessus.

Matéo DUFOUR

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