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La télévision est regardée en moyenne quinze heures par semaine par les jeunes et participe à l’éducation des enfants. Cela inclut forcément l’éducation sexuelle avec depuis peu la création d’émissions parlant ouvertement et librement de sexe.

La socialisation, c’est le processus par lequel les individus apprennent à vivre en société et s’y intégrer. Il faut en distinguer deux : la primaire, qui se passe dès l’enfance et la secondaire qui intervient après l’adolescence. Parmi les moyens de socialisation, on retrouve la famille, les amis, l’école et les médias.

Ici, loin est l’idée de parler de l’influence de la pornographie sur la sexualité des jeunes, ce qui fera un autre article un peu plus tard. On va simplement se concentrer sur l’influence de la télévision sur les adolescents qui découvrent la sexualité.

La télé : un danger ?

Avant, on avait le Journal du Hard sur Canal + et c’est à peu près tout. Et encore, la sexualité y était montrée et non expliquée. Maintenant, on a toujours plus d’émissions sur la sexualité. « Je t’aime etc », et parfois « Toute une histoire » et « C’est l’hebdo » en ce qui concerne la télé. On peut aussi écouter « Point G comme Giulia » sur France Inter. Toutes ces émissions se démocratisent et sont accessibles à tout le monde, donc aux jeunes, les formant aux premières ébauches de la vie sexuelle.

« Je t’aime etc » est une émission présentée par Daphné Burki et diffusée sur France 2 toute la semaine à quinze heure. L’ambition est assez claire : le sexe libéré. Chaque retransmission donne lieu à des thématiques spécifiques, comme dans cet extrait sur les testicules.

L’émission est déconseillée au moins de dix ans. Alors, ce genre d’émission, et la télévision, peuvent-elles influencer les pratiques sexuelles des plus jeunes ? Une étude américaine semble dire que oui. Des chercheurs ont interrogé à un an d’intervalle près de 1 800 adolescents de douze à 17 ans sur leurs habitudes télévisuelles et leur expérience sexuelle. Leurs réponses ont permis d’évaluer le contenu de leurs émissions fétiches : des talk-shows aux programmes exposant des conduites à risque… et leurs comportements.

Résultats : les ados les plus exposés à du contenu évocateur ont été deux fois plus nombreux à vivre leur première expérience sexuelle au cours de l’année de l’étude. Les enfants de douze ans qui regardent la télévision se conduiraient comme ceux de quatorze ou quinze ans qui ne regardent que peu la télé. Enfin, contrairement à ce que l’on pouvait attendre, les émissions qui parlent de sexe sans le montrer ont autant d’influence que celles beaucoup plus explicites.

Certes, il ne s’agit là que de constatation. Les scientifiques en concluent que regarder du sexe à la télévision peut accélérer l’initiation sexuelle des adolescents.

La France plutôt bon élève

En France, le CSA (Conseil Supérieur de l’Audiovisuel) a compris le problème. L’organisme a relancé en 2002 le débat de l’interdiction de la pornographie à la télévision, parvenant à l’interdire. Maintenant, le PAF (Paysage Audiovisuel Français) voit naître de nombreuses émissions et podcasts purement éducatifs. De quoi, pourquoi pas, redorer le blason du sexe à la télé. De plus, la sexualité trouve preneur sur Internet avec notamment la création d’une web TV pour s’amuser des problématiques de la sexualité : « SexploraTV ».

Des comptes Twitter, Instagram, Facebook ou même Snapchat peuvent aussi servir de lieux d’éducation pour les jeunes, malgré parfois quelques limites. En utilisant un ton décontracté et des médias sociaux, le sujet prend de l’ampleur. Il y en a une dizaine de sites sur Instagram et sur YouTube. Leur point commun : répondre à des questions inhabituelles. Ces comptes sont assez récents en France. « On ne s’attendait pas du tout à avoir autant de succès », s’étonne Elvire Duvelle-Charles. Son compte Instagram, créé en 2018, vient de passer la barre des 25 000 abonnés. Une nouvelle étape dans la démocratisation et qui trouve son public. Composés de jeunes entre 18 et 30 ans, dont environ 60% de femmes, ces contenus attirent toujours de plus en plus de monde. Ils peuvent être un bon moyen de s’éduquer à la sexualité à l’heure où la pornographie est toujours plus facilement accessible.

Matéo DUFOUR

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