Église sexualité

Aujourd’hui, vivre sa sexualité comme on le souhaite est devenu un des mots d’ordre du XXIe siècle. Mais dans la religion, la sexualité est très encadrée. L’Église rappelle très souvent à ses fidèles que la virginité des époux avant le mariage est primordiale. Isidore et Marie-Amélie sont deux catholiques de 23 ans et 21 ans. Élevés tous deux dans un cadre traditionaliste, ils n’ont pas décidé de vivre leur sexualité de la même manière. Ils s’expriment sur ce sujet et témoigne de leur vécu.

Quelle éducation avez-vous reçu de la part de vos parents ?

Isidore : « Moi je viens d’un milieu catholique traditionaliste, autant du point de vue familial que du point de vue de mon entourage. C’est surtout ma mère qui incarne cette éducation. Mon père est catholique mais il n’est pas traditionaliste. Depuis tout petit, on m’a inculqué des valeurs plus que chrétiennes… catholiques même ! Et j’ai toujours baigné là-dedans, en tout cas pendant une bonne partie de mon enfance. »

Marie-Amélie : « J’ai été élevée dans un moule catholique. Un moule qui va au-delà de ce qu’on a l’habitude de voir. Mes deux parents sont très croyants. Ils font d’ailleurs partie de la Fraternité Saint-Pie X. Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est un courant catholique très conservateur qui a été fondé par Monseigneur Lefèvre à la fin du siècle dernier. Et moi j’ai été élevée là-dedans. »

Quand vous étiez enfants, les questions sur la sexualité n’étaient pas vraiment à l’ordre du jour. Quand est arrivée l’adolescence, les choses ont-elles changées ?

I : « Forcément ! Ce qu’il s’est passé, c’est qu’à l’adolescence, j’ai commencé à rejeter tout ça, ce carcan. Même si je n’avais pas perdu la foi, je rejetais la religion en tant qu’institution et tout ce qui allait avec. Je n’allais même plus à la messe parce que ça me saoulait. Donc tous les interdits que la religion m’avait toujours appris, je m’en suis également débarrassé. En plus, mon adolescence je l’ai passée dans l’école de la République donc autant dire que la sexualité là-dedans, c’est aucun tabous, on parle de tout, on parle des filles, de sexe, on découvre la pornographie… bref ! C’est la jeunesse moderne quoi. Ça devient très vicieux et là, autant dire que la religion était à des kilomètres de moi car je voulais faire comme tout le monde. »

M-A : « Pas tellement. Tout ce que j’ai appris sur la sexualité a été au dépend de la religion. Ma scolarité, je l’ai faite dans une école hors-contrat. Ici, nous étions toutes entre filles ce qui veut dire que l’enseignement que nous recevions n’était fait que pour nous. Il n’y avait pas de garçons pour venir troubler les valeurs et les devoirs que l’on nous inculquait en cours, à la maison et à l’église. Je sais qu’aujourd’hui, en 2020, cela peut paraître étrange mais toute ma vie, on m’a enseigné que l’on ne faisait pas l’amour avant le mariage et que la virginité était sacrée. La religion le montre parfaitement d’ailleurs. Regardez comme la Vierge Marie est vénérée dans le catholicisme ! »

Voici une vidéo qui explique l’importance de la virginité dans la religion catholique :

Donc sur cette question de la virginité, si l’on se place d’un point de vue religieux, avez-vous déjà pêché ?

I : « Ah moi je n’ai clairement pas attendu le mariage pour faire ma première fois ! Cela peut sembler étonnant parce que je suis finalement revenu dans le giron de la religion à partir de 17 ans. Je me suis attelé à respecter beaucoup de choses que l’on m’avait enseignées. Mais celle de la virginité avant le mariage, non. J’ai fait ma première fois quand j’avais 20 ans et je ne regrette pas. En revanche, si j’avais écouté et suivi tous mes amis de l’époque, je l’aurais fait à quatorze, quinze ou seize ans. C’est peut-être la seule chose que j’ai retenue de la religion : j’ai pris mon temps. Parce que le sens caché de la virginité, il me semble que c’est aussi une question de maturité. La religion le dit, il faut se connaître soi-même. Pour le coup, c’est ce que j’ai fait. »

M-A : « Certainement pas. Garder ma virginité jusqu’au mariage est un des fondements les plus importants que l’on m’ait transmis. Ça ne veut pas dire que je n’ai pas eu de vie jusqu’ici. J’ai déjà eu un petit ami avec qui la relation a duré. Mais nous n’avons pas fait l’amour, c’était vraiment une condition majeure. »

Et comment jugez-vous la question de la virginité avant le mariage ?

I : « Cette question me paraît désuète. Dans notre société actuelle, comment voulez-vous que des jeunes ne couchent pas avant le mariage ? Ça n’a pas de sens. En revanche, je pense que la religion a le mérite de poser un certain cadre moral. C’est un peu ce que je disais tout à l’heure. Elle devrait tout de même inspirer les ados à ne pas faire n’importe quoi. Je trouve ça con de faire l’amour à treize ou quatorze ans, vraiment ! »

M-A : « Pour moi, elle est primordiale. Quand j’explique mon choix à mes amis, tous sont horrifiés. Ils me disent « Ah mais c’est horrible », « Je te plains », ou encore « Ça ne te rend pas malheureuse? ». Mais pas du tout. Bien au contraire. Moi je suis heureuse que la religion m’ait guidée sur cette voie et je pense que c’est une preuve d’amour pour mon futur mari. Il comprendra que toute ma vie, j’aurai attendu de m’offrir à un homme, celui que j’aimais. Et ce sera lui. »

Vous avez prévu d’offrir une éducation catholique à votre enfant. Quels conseils lui donnerez-vous pour qu’il vive sa sexualité ?

I : « J’allierai un certain pragmatisme, notamment par rapport à la société dans laquelle on vit, avec des valeurs morales. Je comprends qu’à quinze ou seize ans tu aies envie de faire l’amour mais je lui dirai de faire extrêmement attention parce que moi j’en ai vu des gens qui n’ont pas été vigilants et qui ont attrapé des IST ou mis enceinte des jeunes filles. Je ferai ce qu’a fait mon père avec moi. Il ne faut pas l’encouragerai à faire l’amour à droite, à gauche mais je lui donnerai un préservatif pour qu’il en fasse bon usage le moment venu. »

M-A : « Pour l’instant, je pense que je leur inculquerai la même éducation que celle que j’ai reçue. Mais les mentalités évoluent tellement. Et ce n’est pas parce que moi je leur dis cela qu’ils le feront. »

Max DESGOUTTE

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