Les dangers auxquels sont confrontés les jeunes en soirée

L’alcool est la substance psychoactive la plus prisée chez les jeunes. Alors que les chiffres liés à sa consommation sont en hausse par rapport aux années précédentes, et surtout par rapport à nos voisins européens, il faut en connaître les risques. Décryptage. 

L’adolescence rime souvent avec les premières soirées, moments où l’on teste de nouvelles choses. Mais il faut savoir que la consommation d’alcool et de stupéfiants peut avoir des conséquences sur la sexualité.

L’alcool

En France, l’alcool fait 41 000 victimes par an. En soirée, il coule souvent à flot. Les jeux d’alcool sont quasiment devenus la norme pour que la soirée soit réussie. Selon l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT), en 2017, 85,7% des jeunes de 17 ans ont déjà expérimenté l’alcool. Sur les sondés, 44% ont déclaré en consommer régulièrement. Des chiffres alarmants, sans compter que la vente d’alcool en France est interdite aux mineurs. D’ailleurs, toujours selon le même sondage, plus de la moitié des jeunes de 16 ans disent ne pas avoir de mal à se procurer de l’alcool

Les drogues 

  • Le cannabis 

En France, le cannabis est considéré comme illégal et est puni par la loi. Néanmoins, selon la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDECA), 39 % des jeunes de 17 ans avouent avoir déjà expérimenté le cannabis. En 2015, les jeunes Français étaient les plus gros consommateurs de cannabis au niveau européen. Le cannabis peut se présenter sous différentes formes : fleurs, feuilles, résine, et huile. Les consommateurs recherchent une sensation d’euphorie, de relaxation et/ou des effets psychédéliques. Cependant, la cannabis peut avoir des effets négatifs qu’ils soient physiques ou psychologiques, à plus ou moins long terme. 

  • La MDMA 

En France, la MDMA est considérée comme un stupéfiant. Elle est vendue sous forme de cristaux ou bien de petites pilules, c’est ce qu’on appelle l’ecstasy. Au départ prise à usage médical, c’est à la fin des années 1990 que son utilisation est devenue  « récréative » et s’est banalisée. La MILDECA estime qu’en France, en 2018, 3,8 % des jeunes de 17 ans ont déjà expérimenté la MDMA. Ces derniers sont à la recherche d’euphorie, de bien-être, d’un sentiment d’amour, avec des sens exacerbés. La MDMA est aussi connue pour intensifier l’activité sexuelle. En réalité, cette substance peut conduire à des « bad trip », une déshydratation, des convulsions, et des risques neurotoxiques.

Découvrez l’histoire et le combat d’un père afin de sensibiliser les jeunes aux risques qu’engendrent la prise de MDMA :

  • La cocaïne 

La cocaïne est selon le dictionnaire Larousse un alcaloïde naturel (feuilles de coca) ou synthétique, excitant du système nerveux, dont l’usage prolongé peut aboutir à la toxicomanie.

On la consomme en sniffant, en inhalant et par injection. La cocaïne entraîne une euphorie, un sentiment de puissance physique et intellectuelle. Elle participe également à réduire voire estomper la douleur et la fatigue. Elle provoque néanmoins certains troubles, comme des troubles du rythme cardiaque, des troubles du sommeil, la perte de mémoire, des crises de panique ou de paranoïa.

Il est important de savoir que la consommation de cocaïne par snif et injection peut favoriser la transmission d’IST, à savoir le VIH/Sida, l’hépatite B et C. 

  • Les drogues du violeur 

Parfois, certaines personnes peuvent être mal intentionnées et ainsi vous faire consommer de l’alcool mais surtout de la drogue sans que vous ne vous en rendiez compte. Ces comportements mènent souvent à des rapports sexuels non consentis : des viols donc. Il existe une vingtaine de « drogues du viol » mais deux sont couramment utilisées : le Rohypnol et le GHB. Ces derniers provoquent des sensations de vertige, d’euphorie mais surtout une amnésie partielle ou totale. Mais que faire pour éviter cela ? La première chose, c’est de surveiller son verre et de ne jamais accepter un verre d’autrui.

Il existe aussi aujourd’hui des inventions permettant de repérer une substance chimique dans son verre, à l’image de ce vernis à ongles :

Aux États-Unis, en 2014, quatre étudiantes ont inventé Undercover colors : le premier vernis à ongles à changer de couleur au contact de substances chimiques. Si le vernis à ongles se noircit, pas de doutes, le verre à été contaminé par du GHB, du Rohypnol ou du Xanax. 

La même société ne s’est pas arrêtée là et a également créé un nouveau test, qui fonctionne comme un test de grossesse. Il suffit donc d’appliquer une goutte de la boisson à l’endroit où l’on a préalablement retiré l’opercule. Il faut attendre seulement 15 secondes pour avoir le résultat. Ce test détecte le Rohypnol, la Ketamine et le GHB. 

Enfin, troisième et dernière invention à ce jour : Smart raw. Ici, c’est une paille que l’on plonge dans le verre. Si elle devient bleue, cela veut dire que le verre à été contaminé.

Limiter les risques 

La prise de substances illicites peut altérer les capacités de discernement, augmentant le risque de se faire agresser sexuellement ou violer. En effet parfois, sous la prise de drogues ou d’alcool, vous n’êtes plus en capacité de donner votre consentement. « C’est jusqu’à 16% de femmes qui subissent des viols et des tentatives de viols », selon Muriel Salmona, psychiatre invitée sur le plateau de l’émission Du Grain à Moudre, sur France Culture, le 16 janvier 2018.

La prise de stupéfiants peut également faire oublier l’usage du préservatif pouvant donc favoriser les IST. Enfin, si toutefois il y a consommation, l’utilisation de lubrifiant est conseillée. En effet, la consommation de stupéfiants peut entraîner une déshydratation de l’organisme. Chez la femme, cela peut même provoquer un assèchement des muqueuses et des douleurs durant le rapport, entraînant parfois la rupture du préservatif, exposant ainsi aux IST

Parfois les drogues, comme la MDMA, sont prises pour augmenter les capacités sexuelles. La réalité, elle, montre que chez certaines personnes, elle peut empêcher l’érection

Chez certains, malgré les risques, lier drogue et sex est une volonté. C’est ce que les spécialistes appellent le « chemsex », pour « chemical sex » (le sexe sous produits chimiques). Mais lier les deux n’est pas forcément une bonne idée. Cette pratique favoriserait la transmission d’IST ainsi que des rapports sexuels brutaux.

Elisa BRUNEAU

2 Replies to “Alcool, drogues : les risques liés à la sexualité”

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