représentation du troisième sexe

De nombreux pays dans le monde évoluent vers la reconnaissance d’un troisième sexe : un sexe neutre pour les personnes intersexes. En France, la conception du sexe soit masculin, soit féminin, est de plus en plus remise en question. Qu’est-ce que l’intersexuation ? Qu’en est-il des législations ?

En France, deux sexes distincts sont reconnus : le sexe masculin et le sexe féminin. Une fille est une personne qui, quand elle naît, a des caractéristiques féminines. C’est-à-dire qu’elle possède des chromosomes XX, un vagin, un utérus, et des ovaires qui eux-mêmes vont produire des oestrogènes et de la progestérone. 

Un garçon, lui, est une personne née avec des attributs masculins. C’est-à-dire des chromosomes XY, un pénis, et des testicules qui vont produire de la testostérone. 

L’intersexuation 

Selon l’ONU, les personnes intersexes sont « nées avec des caractéristiques sexuelles qui ne correspondent pas aux définitions typiques de « mâle » et « femelle ». Il y a une infinité de façons d’être intersexe. Cela peut être une variation d’ordre chromosomique, hormonale ou bien même par rapport au sexe extérieur. On parle d’intersexuation. L’ONU estime qu’il existe environ 1,7 million de personnes intersexes dans le monde. 

Un sujet encore tabou. C’est pourquoi de nombreux pays dans le monde font subir des opérations et des traitements à des enfants en vue de définir leur sexe. La France a notamment été condamnée à trois reprises par l’ONU en 2016 pour ces opérations, définies comme des « mutilations » par l’ancien président François Hollande. 

Si vous ne comprenez toujours pas ce qu’est l’intersexuation, voici une vidéo :

Des pays légifèrent 

C’est l’Argentine qui, en 2011, est devenue pionnière en reconnaissant l’existence d’un « troisième sexe ». L’Australie et l’Inde ont rapidement suivi le mouvement. Ces derniers, comme le Népal et la Nouvelle-Zélande, ont établi une triple classification : « M » , « F », et « X ». Il donnent ainsi la possibilité de s’identifier à un troisième sexe. 

En Europe, l’Allemagne est elle le premier pays à légiférer, autorisant ainsi que les bébés nés sans une identification claire puissent être enregistrés sans indication de sexe. 

La France refuse la mention « sexe neutre »

Si de nombreux pays évoluent, la France reste le mauvais élève. Depuis toujours, un individu doit être rattaché au sexe masculin ou féminin, cinq jours après sa naissance. Cette date limite a néanmoins été étendue à deux ans pour les parents d’un enfant intersexué, avec une circulaire du 28 décembre 2011.  

Le 4 mai 2017, la Cour de cassation a refusé l’inscription de la mention  « sexe neutre » sur l’état civil français. Pour cette dernière, « la dualité des énonciations relatives au sexe dans les actes de l’état civil poursuit un but légitime en ce qu’elle est nécessaire à l’organisation sociale et juridique, dont elle constitue un élément fondateur ». La reconnaissance d’un troisième sexe aurait également « des répercussions profondes sur les règles du droit français construites à partir de la binarité des sexes et impliquerait de nombreuses modifications législatives de coordination ». Un dernier recours est cependant possible. L’article 34 de la Constitution donne au législateur la compétence afin de fixer les règles concernant cette intersexuation. Un appel a donc été lancé afin de clarifier la situation. 

Venez découvrir notre vidéo sur la transidentité.

Elisa BRUNEAU

Laisser un commentaire