image représentant la masturbation masculine

Aujourd’hui, la masturbation reste plutôt taboue. Pour expliquer cela, il faut comprendre ce qu’il en était auparavant. Retour vers le passé, lorsque la masturbation était considérée comme une « odieuse et criminelle habitude ».

L’image négative et honteuse de la masturbation est apparue au XVIIIème siècle. À l’époque, pour les médecins, le corps humain de l’homme contenait quatre liquides : le sang, le flegme (liquide que l’on voit lorsque l’on se mouche), la bile jaune et la bile noire. Un patient était ainsi considéré comme malade lorsqu’il y avait trop ou pas assez de ces liquides dans son corps. 

Le sperme émis lors de l’éjaculation était considéré comme du sang. Perdre du sperme équivalait donc à perdre un quart de litre de sang. La masturbation était ainsi accusée de tous les maux. Elle rendrait stérile et viendrait troubler les rôles sexuels. Elle serait aussi la cause de multiples maladies nerveuses, de cancers et d’infections sexuellement transmissibles. Pour les femmes, la masturbation posait également problème. Il ne fallait pas que la femme s’adonne à un plaisir n’ayant pas pour finalité une grossesse

La littérature bannit la masturbation 

C’est au milieu du XVIIIème siècle mais surtout au XIXème siècle que la littérature viendra condamner plus fermement la masturbation. Ces livres, principalement médicaux, dépeignent tous les effets négatifs et nocifs de cette pratique. Le plus célèbre écrivain sur la question est le médecin suisse Samuel Auguste Tissot avec ses œuvres L’Onanisme et Avis au peuple sur sa santé. Il y définit alors la masturbation comme une « odieuse et criminelle habitude ». Pour s’en débarrasser, il recommande « la peinture du danger ». Le masturbateur doit ainsi voir « le tableau effrayant bien propre à faire reculer l’horreur » de sa pratique. Son ouvrage Avis au peuple sur sa santé aura tellement de succès en Europe qu’il sera traduit en 17 langues. 

Ligotage, camisole, chirurgie : la propagande anti-masturbatoire

Après l’écriture de ces ouvrages, l’heure est à la répression. Tous les moyens sont bons pour éradiquer « cette épidémie désastreuse ». Les jeunes sont surveillés. Certaines techniques comme le ligotage des cuisses et des mains, la camisole, les ceintures en toiles métalliques protégeant les parties génitales ou encore le fourreau pénien empli d’aiguilles, sont utilisées.

Dans un même temps, les médecins élaborent des traitements allant jusqu’à la chirurgie avec l’ablation du clitoris ou encore la brûlure de l’urètre à la soude. 

La sexualité débute avec la masturbation 

En France aujourd’hui, la sexualité des adolescents débute principalement par la masturbation. Pour preuve, selon une étude publiée par Statista Research department en 2017, 15% des jeunes (hommes et femmes confondus) avouent que leur première masturbation s’est déroulée entre 11 et 12 ans, 32% entre 13 et 14 ans, et 21% à 15 ans. 

Aujourd’hui, même si la masturbation n’est plus réprimée, le sujet reste tabou, expliquant la persistance des idées reçues.

Découvrez en plus sur les bienfaits de la masturbation en vidéo :

Elisa BRUNEAU

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