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Si la majorité des gens pensent que les cam-girls sont des actrices porno à part entière, elles-mêmes ne se considèrent pas comme telles.

Une cam-girl est une femme qui s’expose physiquement par le biais d’une webcam sur Internet, en général pour gagner de l’argent grâce à une communauté qui la regarde en direct. Et selon une étude IFOP, ce sont les 18-24 ans qui consomment le plus ce genre de contenus. Il s’agit de danser de façon érotique ou de se masturber en direct sur des sites dédiés. C’est donc évidemment un métier de l’industrie du sexe. Les sites pornographiques incluent par ailleurs ces vidéos à leur offre.

Pour devenir cam-girl, il suffit donc d’une caméra, d’une connexion et d’un ordinateur. Il n’y a qu’une exigence : une cam-girl doit être majeure. Toutes sont amatrices. Mais les cam-girls ne se considèrent pas comme actrices porno. Elles préfèrent mettre en avant l’épanouissement personnel et l’interaction avec le public.

« J’ai davantage confiance en moi aujourd’hui »

Kat est une cam-girl de 31 ans. Elle est aussi coach cam-girl. Elle témoigne : « Au début, j’avais une petite appréhension, même si je me sentais protégée. Il a suffi d’une fois pour que je me sente bien et que mes peurs s’envolent. Les personnes qui se connectent et regardent les shows en direct sont extrêmement bienveillantes. Elles sont là pour prendre du plaisir, pour passer un bon moment, pas pour juger. Elles vous complimentent et ça désinhibe. J’ai davantage confiance en moi aujourd’hui qu’à l’époque. »

La « modèle », comme les appellent les sites, évoque aussi la liberté d’une cam-girl par rapport à celle d’une actrice porno. En effet, une cam-girl peut se connecter quand elle veut et se fixe ses propres limites. Elle gère elle-même sa communauté, partie importante du métier. Métier que cette cam-girl, et YouTubeuse, décrit en vidéo :

« C’est un job extrêmement humain »

Au fur et à mesure des connexions, la communauté d’une cam-girl se façonne. « On finit par les connaître, ils nous racontent leur vie, et on ne parle pas vraiment de sexe, même si on reste leur fantasme. Franchement, c’est très convivial ! Je connais leur vie, je suis leur confidente. Ce genre de rapport humanise le job », poursuit Kat en parlant de sa relation avec ses viewers. L’interactivité avec le public lui permet d’éviter de « tomber » dans le pur film pornographique impersonnel et brut.

La cam-girl affirme se connecter trois fois par semaine, sans penser à la rémunération, plus au plaisir de son travail qu’elle essaye de transmettre en donnant des cours à la relève. Pourtant, cam-girl est un métier qui peut rapporter.

Un business en expansion

Le business des cam-girls

Etre cam-girl, ça peut rapporter mais savez-vous à quel point ? 

À l’image du fantasme du cosplay, le nombre de cam-girls augmente depuis cinq ans. Une tendance qui s’observe avec la multiplication de sites comme LiveJasmine, qui revendique même 35 millions de visiteurs par jour et 400 millions de chiffre d’affaires par an. Kat avoue s’en sortir très bien financièrement. Selon le site devenir-camgirl, le salaire peut aller de 800 à 5 000 euros par mois même si les plus grandes stars peuvent gagner jusqu’à 30 000 par mois. Une débutante qui doit construire sa communauté aura du mal à gagner sa vie au début. Mais une femme plus confirmée, avec une grosse communauté et une activité à plein temps (avec marketing ou promo sur les réseaux sociaux), peut atteindre une rémunération aux alentours de celle d’un cadre supérieur.

Dans le monde des cam-girls, on ne parle pas en euros mais en tokens, la monnaie virtuelle de référence des sites hébergeurs. Les sites récupérent 70% des revenus d’une animatrice débutante. Une personne qui veut pouvoir interagir avec la cam-girl doit payer et une somme sera reversée au « modèle » grâce à la tarification de certains directs (tarifs allant de 60 centimes à 9€ la minute selon la renommée). Certains viewers payant parfois simplement pour une conversation. Parfois aussi, les « clients » n’hésitent à faire directement des dons. Le live sur Internet n’est donc pas uniquement à caractère pornographique.

Matéo DUFOUR

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