femme homme dos tenir la main

Comme toutes les relations, celles entre personnes jeunes et des personnes plus âgées ont leur lot d’aspects positifs et de tracas. Nous avons rencontré deux jeunes femmes qui nous ont parlé de leur expérience.

Crier sa relation lorsque l’écart d’âge est considérable peut ne pas être évident. Ceux qui s’exposent sur les réseaux sociaux, à l’image de la mannequin Tina Kunakey, 22 ans, et de Vincent Cassel, 53 ans, font parfois face à des vagues de haine. Sous leurs photos Instagram où on les voit ensemble, on peut lire : « Mais il est vieux pour elle… », « Le p’tit Vincent il se fait pas chier », ou « Il se sent moins vieux, pff, les hommes comme ça me dégoûte ».

Sol et Victoria, étudiantes de 22 ans, ont des relations avec des personnes plus âgées. Elles ont donc témoigné des rapports qu’elles entretiennent avec leur partenaire, de leur sexualité, mais aussi du regard des autres.

Dans cet article, on parle évidemment de relations et de rapports sexuels consentis. Ici, les témoins sont majeurs. Lorsqu’un des deux partenaires est mineur, les rapports ne s’appréhendent pas de la même manière.

« Les garçons de mon âge n’ont pas la maturité que je recherche »

Si ce n’est pas un « critère », Sol et Victoria avouent préférer les partenaires plus âgés, d’un point de vue intellectuel notamment : « J’ai l’impression que les garçons de mon âge, en général, n’ont pas la maturité que je recherche », précise Victoria, en couple depuis avril avec un homme de 37 ans.

Pour Sol, qui a été en couple pendant trois ans avec une femme de 21 ans son aînée, l’avantage est aussi de ne pas se comparer ou d’être comparée à sa partenaire : « Il n’y a pas de concurrence. La différence d’âge fait que c’est plus compliqué de se comparer alors que c’est ce qui arrive plus facilement dans un couple homo. Du coup ça apporte de la sérénité, parce qu’on est soi-même. »

« Il me fait découvrir des choses, je lui en fais découvrir aussi »

Dans les esprits, c’est le partenaire le plus jeune qui apprend du plus vieux lors des rapports sexuels. Mais globalement, les deux apprennent de l’autre : « Il me fait découvrir des choses, je lui en fais découvrir en retour, c’est comme ça qu’on s’épanouit tous les deux » explique Victoria.

Pour Sol, la situation est d’ailleurs plus particulière. Pour sa partenaire, c’était la première fois avec une femme : « Les rôles étaient un peu inversés, c’était assez drôle. Là où on aurait pu attendre de l’apprentissage de ma part, ça a été l’inverse, une découverte pour elle. »

Si la situation était donc « exceptionnelle », Sol avoue aussi préférer les partenaires plus âgées d’un point de vue sexuel :

« Ça me saoule un peu de faire de la pédagogie au lit. »

Sol

« Elle était paniquée à l’idée de passer pour la cougar »

Heureusement pour elles, Sol et Victoria ont un entourage plutôt compréhensif. Malgré des réticences de la part de ses frères et sœurs, trentenaires mais plus jeunes que son compagnon, la famille de Victoria a accepté sa relation. Pour le regard des autres, elle n’y fait « même pas attention ». D’ailleurs, les gens qui l’entourent ne remarquent même pas leur différence d’âge au premier abord. Victoria explique que l’acceptation a sans doute été facilitée du fait qu’il ne s’agisse pas de sa première copine plus jeune.

Sol n’en a pas parlé à ses parents. Une partie de sa famille et ses amis l’ont tout à fait accepté. Mais, du fait qu’elle ait été victime d’une femme plus âgée dans sa jeunesse, certains se sont montrés très protecteurs. C’est pour sa compagne que les choses ont été plus compliquées. Celle-ci était « paniquée à l’idée de passer pour la cougar ». Outre les problématiques diverses liées à leur quotidien, d’un côté d’étudiante et de l’autre de salariée, le regard des autres a été le déclencheur de la rupture.

« En public il n’y avait aucune démonstration. Moi j’ai suivi parce que je la sentais pas du tout à l’aise. »

Sol

D’autant plus que Sol a de fortes convictions. Elle ressent le besoin de démontrer sa relation particulière qu’elle considère « militante », autrement que de « gueuler en manif ». C’est pour cela que les deux femmes n’avaient pas une relation exclusive. Elles s’autorisaient à avoir des rapports sexuels avec d’autres : « Le manque que j’avais de démonstration, je pouvais le trouver avec d’autres dans un bar ou dans un club », ajoute-t-elle.

Finalement, Sol rappelle que l’essentiel, comme dans toutes relations, est de faire « super attention à soi ». Selon elle, il ne faut pas non plus « trop combler la différence qu’il y a entre les deux quotidiens » parce qu’au départ, « c’est cette différence qui fait vivre le couple ».

Prescillia BOISSEAU

Laisser un commentaire