Photos de pieds, petites culottes usagées ou même des poils. Ce sont les produits les plus vendus sur les sites de fétichisme. Mais alors comment se déroule un tel business, quelles sont les motivations des vendeurs et où sont les arnaques ? Zoom sur certains fétichismes et leur fonctionnement. 

Tout le monde le connaît mais beaucoup de gens ignorent que le fétichisme des pieds est un business très lucratif. Les pieds sont plus répandus que les autres fétichismes, surtout sur les réseaux sociaux comme Facebook ou Twitter. Sur ce dernier, de nombreux vendeurs et acheteurs se retrouvent afin de proposer leurs produits avec les hashtags : #fetichiste #pied. 

Les réseaux sociaux sont de bons marchés, mais ils ne sont pas les meilleurs. Les sites spécialisés fourmillent sur internet, notamment en France. C’est le cas Fettlinks. Il y en a pour tous les goûts, du simple pied aux ventes de chaussures déjà portées… Le marché et la communauté du fétichisme autour du pied sont très vastes. Les prix varient mais certaines photos peuvent être vendues plusieurs centaines d’euros si la vendeuse possède une grosse communauté. 

Néanmoins, la réalité économique est différente : « Une photo pourra se vendre entre 20 € et 50 si l’on ne possède aucune communauté et que l’on vient de se lancer », nous confie une femme, fétichiste depuis maintenant deux ans. En développant son réseau, il est possible de gagner bien plus, surtout si l’on tombe dans le findom (voir fin d’article). 

La vente de sous-vêtements « souillés » se répand en France 

On se croirait presque dans un épisode d’ « Orange is the New Black ». Mais pourtant, c’est probablement le fétichisme qui se développe le plus à l’international. Le site le plus connu, Vendstacullote.com, est un marché énorme du sous-vêtements dit « souillés ». Strings, culottes, dentelles, chaussettes, soutiens-gorges… Les choix ne manquent pas. Au niveau des tarifs, ils varient énormément selon le produit mais aussi et surtout selon la mise en valeur (entre 10 et plus de 100 €).

Clem, fétichiste pendant un an et demi l’avoue : « Il y a une certaine gratification à savoir que des personnes vont se faire plaisir avec mes dessous. » Si son copain avait accepté son petit travail, Clem avait parfois du mal avec la barrière client/vendeur. En effet, la plupart de ses sous-vêtements étaient remis en main propre. Ils sont alors revendus plus chers que s’ils avaient été envoyés par la poste. 

De plus, on remarque deux types différents de vendeuses sur ce genre de site. Celles qui vendent uniquement leurs sous-vêtements avec une photo de ces derniers et celles qui se mettent en valeur avec le produit à vendre (un peu à la manière des cosplayeuses sur internet). La deuxième catégorie parvient souvent à vendre un produit plus cher que la première.

Attention aux arnaques 

Cependant, le fétichisme est un milieu qui comprend de nombreuses arnaques et dérives. Pour cela, il faut comprendre ce qu’est le findomming : une femme qui « domine » un homme financièrement. Faible psychologiquement, ces hommes sont prêts à dépenser des sommes folles pour leurs dominatrices (souvent appelées « maîtresses » ou « déesses »). 

Dans ces relations, on ne parle pas d’un rapport sexuel. Souvent il n’y même aucune vidéo ou photo, juste de la domination souvent addictive et destructrice financièrement. Mais le pire, c’est que certains faux comptes contrôlés par des harceleurs vont juste prélever un maximum d’argent aux victimes qu’ils escroquent. Le compte Twitter de Fakes Catcher se charge de repérer ces fakes.

Pour la docteur Lori Bisbey, psychologue du sexe à Londres : « Toutes les relations répondent à une dynamique de pouvoir. Les personnes qui se livrent à ce jeu le démontrent simplement. Pourquoi font-ils cela ? Parce que le pouvoir est enivrant ». Mais pour lui, le plus dangereux reste la perte de réalité dont les dominés font souvent preuve. La barrière entre fantasme et réalité se retrouve brouillée. 

Denis LAGOUY

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