L'épilation génitale n'est pas qu'une mode

L’épilation génitale n’est pas une mode si récente que ça. Même si l’industrie pornographique a prôné pendant longtemps l’épilation du sexe, surtout dans les productions occidentales, le poil reste très présent.

L’épilation du pubis remonterait jusqu’à la civilisation égyptienne et babylonienne. Le rasage public était pratiqué sur les esclaves ou les femmes adultères. Le sexe féminin poilu était vu comme sauvage et plus mature, alors que le sexe tondu était signe de docilité.

L’épilation dans l’art

Botticelli, lorsqu’il peint la Naissance de Vénus en 1484, laisse apparaître un pubis parfaitement imberbe. C’est alors un symbole de pureté, et fait office d’idéal. Le fait que Vénus soit la déesse de l’amour renvoie d’autant plus à ce sexe imberbe et parfait. Dès lors, le poil est vu comme imparfait. Il est renié et subit une image de bestialité primaire que la Renaissance cherche à faire disparaître chez l’homme.

Francisco Goya essaye de casser l’image du sexe autrefois imberbe. Il peint sa Maja nue en 1790, et la représente avec un semblant de poil pubien. Mais c’est au tour de l’Inquisition espagnole (personne ne s’y attend) de sévir. Elle va cacher l’œuvre au public pour blasphème et obscénité.

Dans les années 1920, Marcel Duchamp élève l’épilation comme un art. Il considère les poils pubiens comme une « abominable fourrure abdominale ». À Hollywood, la censure à ce sujet fait rage dans les années 1950. Il était impensable de voir des poils pubiens au cinéma, ce qui a conduit à une nouvelle mode.

Quand l’épilation devient une humiliation

L’épilation pubienne en public a pendant longtemps été considérée comme une véritable humiliation. Dans les civilisations antiques (égyptiennes et babyloniennes), le rasage des parties intimes était une marque de soumission que portaient les esclaves. Plus récemment lors de la Seconde Guerre mondiale, les détenues étaient rasées de force dans les camps nazis. Dans l’après-guerre, l’épilation est le symbole de la répression contre la trahison, notamment celle des femmes qui ont donné du plaisir à des soldats allemands pendant l’Occupation. Le poil qui représentait la maturité sexuelle est désormais associé à l’impureté.

Un vrai choix

Dans les sociétés à la Renaissance, l’épilation était déjà une source de clivage et d’émancipation. Raser ou ne pas raser symbolisait, ou non, l’appartenance du sexe féminin à la gente féminine. Les femmes pouvaient entretenir ce rasage à l’image de Vénus, considérée comme un idéal. Au contraire, garder ses poils et ce côté sauvage pouvait devenir un véritable art.

Encore aujourd’hui, l’épilation génitale peut prendre différentes formes. On peut trouver plusieurs designs de rasage au maillot. Le rasage brésilien : un rasage en triangle qui épouse la forme du bikini. Il y a aussi le rasage américain ou même l’absence de rasage. C’est l’esthétique qui prend le dessus.

À noter que l’épilation n’est pas non plus pour tout le monde. Il faut utiliser les bonnes méthodes et faire attention à sa peau et son organe évidemment. Un laboratoire américain de dermatologie en Californie a fait une étude à ce sujet.

Aujourd’hui, l’épilation génitale est quelque chose de banale dans la société. Tout est affaire de préférences et de confort, histoire que tout se passe au poil.

Antoine BCHINI

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