« Tu as vu passer ce petit cul ? » Si les fesses ne sont pas la première zone de complexes chez les femmes, elles le deviennent après le ventre lorsqu’il est question de sexualité.

String ? Tanga ? Shorty ? Comme pour la poitrine, les magasins regorgent de modèles qui doivent permettre de mettre en valeur les fesses des femmes dans l’intimité. Et si notre postérieur n’est pas assez ferme ou trop large, on le garde caché.


« Au lycée, les garçons classaient notre potentiel au lit suivant la forme et la taille de nos fesses, raconte Emilie. Cela m’a tellement complexée, que lors de mes premières relations sexuelles, je ne voulais pas faire certaines positions sexuelles. Par exemple, avec une levrette, mon partenaire pouvait voir entièrement mes fesses et comme je trouvais qu’elles n’étaient pas assez musclées, je ne voulais pas qu’il les voit à cause du mouvement. »

Les fesses, fondement de l’humanité car sans le muscle fessier, il n’y aurait pas eu de station debout, sont actuellement prises en étau entre minceur et rondeur.

Derrière une question de poids

Ce qu’on doit faire, c’est dire qu’une taille 40 c’est le plus répandu et que ça va très bien.

Alice, étudiante


Les fesses volumineuses sont remises au goût du jour par des personnalités connues comme Kim Kardashian ou Cardi B. Mais, sous des aspects de libération du physique, la chirurgie esthétique des fesses est à la mode. Les demandes d’interventions chirurgicales visant à augmenter le volume des fesses, notamment par l’injection de graisse, explosent. +17% entre 2016 et 2017 dans le monde. Le site Marie Claire liste même toutes les techniques pour avoir « de belles fesses ». Pour Alice, étudiante en littérature, ce n’est qu’une mode et donc pas une avancée : « Finalement, ce n’est qu’une nouvelle contrainte pour la femme. Dans quelques années, on va encore changer. Dans tout ça, il n’y a aucune réalité physique et physiologique. »

Le site d’information sur les régimes Naturavox a commandé à l’IFOP en 2019, une enquête pour savoir comment les Françaises se situaient du point de vue de la corpulence et de la beauté. Réalisée auprès d’un échantillon représentatif de 1000 Françaises, l’étude montre que le décalage entre poids réel et poids idéal est tel qu’il favorise les complexes liés au physique dans le couple. L’étude met en avant une tendance au dénigrement de son physique. Il va de pair avec un sentiment de délaissement de la part du conjoint sur le plan sexuel.

Sortir des représentations

Il faut valoriser la façon dont on se construit plutôt que la façon dont on existe par hasard.

Aurélie, chargée d’études

Comme dans l’article sur les seins, on constate que les complexes peuvent être combattus par l’éducation autour des représentations. On se rend vite compte que les critères de beauté sont très différents suivant les cultures. On peut ainsi raisonnablement estimer qu’il n’y a pas qu’un type de belle paire de fesses.

Aurélie ne complexe pas sur ses fesses mais constate ce besoin social de sexualiser le corps des femmes. Quelle que soit sa culture. « Ça m’a gênée lorsque ma soeur m’a dit qu’elle avait des fesses de black. En fait, on hypersexualise ce qui n’est pas notre norme car on se permet davantage de choses avec la culture des autres. Et ça nous fait fantasmer. »

Sophie REPOUX

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